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Que voir au lac Trasimène : le guide de ceux qui y vivent

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Que voir au lac Trasimène : le guide de ceux qui y vivent

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Les trois îles, les villages qui valent une halte, le champ de bataille d'Hannibal et la meilleure période pour venir. Écrit à dix minutes de distance.

Le Trasimène compte trois îles, et seules deux se visitent : l'Isola Minore est privée, on la regarde depuis le ferry sans jamais y poser le pied. C'est le genre de détail qui échappe à ceux qui ne consacrent au lac qu'un après-midi, de passage entre Florence et Rome : on se gare à Castiglione del Lago, on monte sur les remparts de la forteresse, on photographie l'eau et on repart. C'est un bon après-midi, mais c'est aussi le seul tronçon du lac qui ressemble à n'importe quel autre, avec sa promenade aménagée, ses glaciers et son parking payant.

En bref : le Trasimène se comprend par ses îles et sa rive est, pas par la promenade principale. Deux jours suffisent pour voir l'une des deux îles visitables, deux ou trois villages authentiques et l'endroit où Hannibal a détruit une armée romaine. Ce guide passe en revue les trois îles et ce qui les distingue, les villages dans l'ordre où nous y retournerions, le champ de bataille, et le mois qu'il vaut mieux choisir pour venir.

Ce guide s'adresse à ceux qui ont deux ou trois jours devant eux et une voiture. Nous sommes à cinq ou dix minutes de la rive sud, en pleine campagne ombrienne, juste de l'autre côté de la frontière toscane : beaucoup de ces routes, nous les prenons simplement pour aller faire les courses.

Le lac Trasimène, en Ombrie et non en Toscane

Le lac Trasimène se trouve en Ombrie, la région juste au sud de la Toscane, sur la route entre Florence et Rome. Pérouse est à 44 minutes du lac ; c'est la capitale régionale de l'Ombrie. Le lac est si proche de la Toscane qu'il semble en être un prolongement : la frontière commune longe la rive occidentale du lac, et Cortona et Montepulciano, deux villes bien toscanes, sont plus proches de l'eau que plusieurs bourgs ombriens.

Une voiture est ici pratiquement indispensable. Les transports publics sont pensés pour les besoins des habitants, pas pour le tourisme, et les villages de colline, les domaines viticoles et les agriturismi qui justifient un séjour de plusieurs jours se trouvent loin de la voie ferrée. Nous y revenons plus bas.

Le lac en chiffres, et pourquoi ils comptent

Le Trasimène est le quatrième lac d'Italie par sa superficie, avec 128 kilomètres carrés, un peu moins que le lac de Côme. Là s'arrête toute ressemblance avec les grands lacs du nord : ici, la profondeur moyenne est de 4 à 5 mètres et le maximum est de 6. Il est situé à 258 mètres au-dessus du niveau de la mer, dans une cuvette sans exutoire naturel.

Cela explique trois choses que l'on remarque tout de suite. L'eau se réchauffe très tôt au printemps, car il y en a peu à chauffer. Il n'y a ni côtes abruptes ni eaux sombres : les rives descendent en pente douce et le paysage se compose de collines basses, de roselières et d'oliviers. Et le niveau varie beaucoup au fil de l'année.

Le lac n'a pas d'émissaire naturel. Il en a un artificiel, un canal ouvert en 1898, mais dans les faits il vit de la pluie. Le niveau est au plus bas entre septembre et octobre et au plus haut entre avril et mai. Arriver en fin d'été et trouver vingt mètres de fond à découvert devant la plage ne veut pas dire tomber sur un lac malade. C'est simplement le Trasimène en septembre.

Les trois îles, et laquelle mérite vraiment le ferry

Les îles sont au nombre de trois, et seules deux se visitent. Mieux vaut en choisir une et la faire sérieusement, car elles ne sont pas interchangeables et ne se visitent pas bien le même jour.

L'Isola Maggiore, la seule habitée

Vingt-quatre hectares, dix-huit habitants, hameau (frazione) de la commune de Tuoro sul Trasimeno. C'est la seule des trois où des gens vivent encore toute l'année, et cela se voit : il y a une rue principale bordée de maisons en pierre, pas une reconstitution pensée pour les visiteurs.

Deux éléments la distinguent de toute autre île lacustre italienne. Le premier est qu'en 1211, saint François d'Assise y passa le Carême en retraite ; en 1328, une église et un couvent y furent construits pour les franciscains en mémoire de ce séjour. Le second est la dentelle. En 1904, la marquise Elena Guglielmi fit venir d'Irlande une maîtresse pour enseigner aux femmes de l'île la dentelle irlandaise au crochet. La tradition a survécu et possède aujourd'hui son propre musée, installé dans un bâtiment du XVe siècle.

À voir aussi : l'église de San Salvatore, du XIIe siècle, celle de San Michele Arcangelo, du XIIIe, et le château Guglielmi, bâti par strates entre le XIVe et le XIXe siècle.

L'Isola Polvese, la plus grande

Soixante-neuf hectares et demi, administrativement un hameau de Castiglione del Lago. Habitée seulement, et par intermittence, par quelques familles : ce n'est pas un village, c'est une île-parc.

Depuis 1995, elle fonctionne comme parc scientifique et pédagogique, un laboratoire permanent pour les écoles et les visiteurs, avec un centre d'éducation à l'environnement reconnu par la région d'Ombrie et la province de Pérouse. En pratique : des sentiers, un petit lido, des espaces aménagés en plein air et un restaurant en saison. On y vient pour marcher et rester dehors, pas pour visiter des monuments.

Le ferry pour la Polvese part de San Feliciano, sur la rive est.

L'Isola Minore

Elle est inhabitée et privée. Elle ne se visite pas. On la regarde depuis le ferry, et c'est très bien ainsi : l'inclure dans un itinéraire est le moyen le plus rapide de comprendre que cet itinéraire a été copié ailleurs.

Les ferries, et l'unique chose à vérifier avant de partir

Le service de navigation est géré par Busitalia. L'Isola Maggiore est reliée à Tuoro Navaccia, Passignano sul Trasimeno et Castiglione del Lago ; l'Isola Polvese à San Feliciano.

Les lignes actives et leur fréquence changent entre haute et basse saison, et certaines liaisons ne fonctionnent que les jours fériés ou seulement le week-end à certaines périodes de l'année. Nous ne publions pas d'horaires ici, volontairement : ils changent plusieurs fois par an, et un horaire faux sur une page vaut pire que pas d'horaire du tout. Mieux vaut vérifier sur le site de Busitalia la veille, et appeler le bureau de la navigation en cas de doute.

Une remarque pratique qui vaut plus que bien des conseils : le dernier retour conditionne toute la journée. Le rater n'a pas les mêmes conséquences partout : à l'Isola Maggiore, on trouve un lit pour la nuit ; à la Polvese, non.

Les villages de la rive, dans l'ordre où nous y retournerions

Castiglione del Lago est le plus visité et le mieux équipé, et il est juste qu'il soit la première étape : la Rocca del Leone et la promenade sur les remparts offrent la vue d'ensemble nécessaire pour comprendre la géographie du lac. Le revers de la médaille, c'est qu'en juillet et en août, la promenade du bord du lac est la partie la plus fréquentée et la moins caractéristique de tout le Trasimène.

Passignano sul Trasimeno a un centre historique étroit qui monte depuis le port, et c'est le nœud des ferries sur la rive nord. On peut aussi y arriver en train.

San Feliciano, sur la rive est, est l'endroit où le lac ressemble encore à un lac de pêcheurs plutôt qu'à une station touristique. C'est le port pour la Polvese.

Monte del Lago, Torricella, Sant'Arcangelo et Borghetto sont petits et se traversent en dix minutes. Aucun ne justifie le déplacement à lui seul, mais la route qui les relie est le plus beau tronçon du tour en voiture.

Où Hannibal a anéanti une armée romaine

En juin 217 av. J.-C., pendant la deuxième guerre punique, Hannibal tendit une embuscade sur la rive nord du lac et détruisit l'armée du consul Caius Flaminius. C'est l'une des pires défaites de l'histoire romaine, et l'un des rares champs de bataille antiques d'Italie que l'on peut encore lire sur le terrain, car la configuration entre Tuoro et Passignano est restée reconnaissable.

Aujourd'hui, la zone se parcourt grâce à un itinéraire balisé entre Tuoro et les collines qui le dominent. Autant le dire honnêtement : il n'y a pas de ruines, seulement un paysage et des panneaux. S'attendre à un site archéologique mène à la déception ; s'être renseigné avant de venir permet d'y passer trois heures.

Quand venir, et quand pas

Mai et juin. Le lac est à son niveau le plus haut, la campagne alentour est verte et les ferries ont déjà des horaires complets. C'est, sans conteste, la meilleure période de l'année.

Septembre. L'eau est encore chaude, les villages se vident, la lumière change. C'est notre mois préféré, avec la réserve déjà mentionnée sur le niveau bas de l'eau.

Juillet et août conviennent bien si l'on vient pour la baignade et les plages aménagées. Beaucoup moins si l'on cherche le calme : ce sont aussi les deux mois où la chaleur se fait vraiment sentir dans la cuvette.

De novembre à mars, le lac est magnifique et presque vide, mais la moitié des services sont fermés et les lignes de ferries se réduisent au minimum. C'est une période pour ceux qui connaissent déjà les lieux, pas pour une première visite.

Se déplacer : la voiture est nécessaire

Le train dessert Passignano, Tuoro et Castiglione del Lago, et pour un séjour concentré sur ces trois points, cela peut suffire. Pour tout le reste, c'est-à-dire les villages de colline, les domaines viticoles, les agriturismi et la rive est, la voiture est vraiment nécessaire : les liaisons routières existent, mais elles sont pensées pour les habitants, pas pour les visiteurs.

Le tour complet de la rive se fait confortablement en une journée avec trois ou quatre haltes. Mieux vaut le faire dans le sens antihoraire en partant du sud, de sorte que le plus beau tronçon de la route, entre San Feliciano et Passignano, tombe l'après-midi, quand la lumière vient de l'ouest sur l'eau.

Ce qu'il y a juste à côté du lac

Le Trasimène a l'avantage de se trouver exactement à la frontière entre l'Ombrie et la Toscane, ce qui change beaucoup un séjour de plusieurs jours. Depuis chez nous, sur la rive sud, à Petrignano del Lago, Cortona est à 22 minutes, Chiusi et Città della Pieve à 20, Montepulciano à 30. Pérouse est à 44 minutes, Pienza à 46, la Val d'Orcia à 52, Assise à une heure.

Autrement dit : on peut dormir au bord du lac et passer une journée entière en Val d'Orcia sans déplacer ses bagages. C'est pourquoi cette bande de collines fonctionne mieux comme point de départ que comme simple étape.

Si le séjour dure plusieurs jours, il vaut la peine de lire aussi Cortona en un jour et Montepulciano et le Vino Nobile, les deux excursions les plus naturelles depuis ici, et de jeter un œil à où nous sommes et ce qu'il y a autour pour les distances exactes.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour visiter le lac Trasimène ?

Deux jours pleins permettent de voir l'une des îles, deux ou trois villages de la rive et le champ de bataille d'Hannibal sans se presser. Avec une seule journée, il faut choisir entre une île et le tour des villages.

Peut-on se baigner dans le lac Trasimène ?

Oui, il y a des plages aménagées à Castiglione del Lago, Passignano, Tuoro et sur l'Isola Polvese. Le lac est peu profond, donc l'eau se réchauffe vite au printemps, mais pour la même raison, en fin d'été, la rive recule et le fond devient boueux.

Quelle île du Trasimène vaut-il mieux visiter ?

L'Isola Maggiore si vous vous intéressez au village habité, à ses églises et au musée de la dentelle. La Polvese si vous voulez marcher, nager et rester en plein air. Elles ne sont pas interchangeables et ne se visitent pas bien le même jour.

Comment rejoindre les îles du Trasimène ?

En ferry, avec le service de navigation de Busitalia. L'Isola Maggiore est reliée à Tuoro, Passignano et Castiglione del Lago ; l'Isola Polvese à San Feliciano. Les lignes actives changent entre haute et basse saison.

Quelle est la meilleure période pour visiter le Trasimène ?

Mai, juin et septembre. En avril et mai, le lac est à son niveau le plus haut et la campagne est verte ; en septembre, l'eau est encore chaude et les villages se vident. Juillet et août conviennent si l'on cherche la baignade, beaucoup moins si l'on cherche le calme.

Faut-il une voiture pour visiter le lac Trasimène ?

Pratiquement oui. Le train dessert Passignano, Tuoro et Castiglione del Lago, mais les villages de colline, les domaines viticoles et les agriturismi (fermes avec hébergement pour les hôtes) sont éloignés des gares, et les liaisons routières sont pensées pour les habitants, pas pour les visiteurs.

Sources